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La Zahria de Marrakech : quand patrimoine, écologie et joie fleurissent ensemble
Chaque printemps, Marrakech s’illumine d’un éclat particulier. Le Moussem de la Zahria, ou fête de la fleur d’oranger, réunit habitants, artisans, chercheurs et visiteurs autour d’un même parfum : celui de la transmission vivante, du patrimoine immatériel et de la beauté durable.
Une célébration sensorielle et patrimoniale
Organisé par l’Association Al Muniya de Marrakech, ce festival unique met à l’honneur un savoir-faire ancestral : la distillation de la fleur d’oranger. Symbole de la Médina, le bigaradier – cet arbre aux fleurs blanches et au parfum envoûtant – est au cœur de l’écosystème urbain et du matrimoine culturel de Marrakech.
Autrefois célébrée dans l’intimité des familles, cette tradition est aujourd’hui portée dans l’espace public. Le Moussem a su se réinventer : expositions, concerts, conférences, ateliers de distillation, cortèges symboliques et hommages poétiques invitent locaux et voyageurs à partager cette mémoire vivante.
Un savoir-faire féminin mis à l’honneur
La distillation est avant tout un savoir transmis par les femmes, au cœur des maisons, dans les coopératives ou les associations.
Ce geste lent, précis, et généreux incarne un patrimoine invisible mais essentiel, porté par des milliers de mains discrètes qui perpétuent l’art du soin, de la beauté, de la transformation.
Grâce à l’engagement d’acteurs culturels, ce savoir-faire est désormais reconnu par l’ICESCO, et en voie d’inscription au patrimoine immatériel de l’UNESCO.
Une fragrance divine dans un fruit amer
La fleur d’oranger nous enseigne, à travers sa fragrance née de l’amertume, une forme de sagesse précieuse : celle de voir la beauté là où elle semble absente, de sublimer ce qui résiste, d’extraire la douceur du contraste.
C’est une réelle expression de la Bahja, fondée sur la résilience, l’optimisme, l’humilité et l’ouverture. Une posture qui invite à transformer les épreuves en élans créatifs, à embellir le quotidien par des gestes sincères et délicats.
Une démarche écologique et inclusive
La Zahria est aussi un appel à la régénération : des campagnes de plantation de bigaradiers sont menées pour lutter contre leur disparition en milieu urbain, et les dinandiers locaux voient leurs savoir-faire revivifiés grâce à la demande croissante d’alambics traditionnels.
Depuis 13 ans, le Moussem s’élargit : des établissements scolaires, des entreprises touristiques et des universités rejoignent la dynamique. Les jeunes sont invités à mener des recherches sur la fleur d’oranger et ses implications culturelles, sociales et environnementales.
Zahria de Marrakech : un modèle de tourisme culturel vivant
La Zahria de Marrakech incarne parfaitement les valeurs d’un Maroc ancré, sensible, durable et participatif. Elle célèbre non seulement un rituel, mais tout un écosystème de transmission, de création et de résilience.
À travers cette fête, Marrakech cultive la Bahja, cette joie lumineuse propre à la ville, tout en inspirant une nouvelle génération de voyageurs et d’acteurs à s’engager pour un tourisme à impact.