Hamid Bentahar : « Al Bahja est une énergie renouvelable au cœur de l’ADN marocain »
Communication CNT
26 mars 2025

Hamid Bentahar : « Al Bahja est une énergie renouvelable au cœur de l’ADN marocain »

Dans un monde en quête de repères, le Maroc porte en lui une sagesse vivante, lumineuse et contagieuse : Al Bahja.
Plus qu’un mot, plus qu’un état d’esprit, Al Bahja est une philosophie sociale, une manière de vivre ensemble, de sublimer les gestes simples, de faire rayonner la beauté au quotidien. Elle est ancrée dans le patrimoine immatériel marocain, partagée collectivement, transmise silencieusement – et pourtant si puissamment.

Dans une interview accordée à HOLA! Maroc, Hamid Bentahar, Président de la Confédération Nationale du Tourisme, revient sur cette force douce et fédératrice qui façonne, depuis toujours, l’âme du Maroc.

👉 Lire l’interview complète sur HOLA! Maroc

Une énergie qui traverse les âges

Al Bahja se manifeste dans mille gestes et instants : un sourire offert dans une ruelle, un thé partagé au coucher du soleil, une tangia qui mijote, un vers de melhoun entonné à la tombée du jour.
Elle est résilience joyeuse, accueil sincère, raffinement discret. Elle transforme la lenteur en art, le quotidien en célébration, l’ordinaire en poésie.

À l’image de la Pura Vida costaricaine, de la Dolce Vita italienne ou de l’Ikigai japonais, Al Bahja incarne une singularité marocaine : un art du lien, du moment présent, et du partage.

🔺 Les trois strates de la Bahja : une pyramide du sensible

Pour mieux comprendre la richesse d’Al Bahja, on peut la lire à travers trois strates complémentaires, qui forment une véritable pyramide du vivre-ensemble :

1. La joie manifeste

C’est la couche la plus visible : rire, accueil, hospitalité, sourire, fête.
On la ressent dans un koutchi qui traverse la place Jemaa El Fna, dans un pique-nique improvisé, dans le bruit du souk et dans l’accueil de ses marchands.
Une joie directe, communicative, accessible à tous, qui ne s’achète pas, mais se partage.

2. Le raffinement et le partage

Ici, la Bahja devient style et héritage :

  • Dans le caftan finement brodé,

  • Dans le melhoun et la poésie chantée,

  • Dans l’artisanat, où chaque motif porte une mémoire.

Elle s’exprime dans l’élégance des gestes, dans l’art de la table, dans l’attention portée à l’autre, dans le goût du détail et de la beauté.

3. La sagesse populaire

La strate la plus profonde. Celle des proverbes, des histoires transmises au coin du feu, des femmes qui préparent ensemble les chebakias du Ramadan. C’est la fragrance divine dans un fruit amer : la capacité à voir du beau là où d’autres voient de l’ordinaire, à faire jaillir la lumière dans l’adversité.

Elle est résilience, spiritualité, et lien invisible mais indéfectible.

Une philosophie exprimée à travers les arts et les traditions

La Bahja se vit, se chante, se raconte, se cuisine, se tisse, se danse, se murmure, se transmet.
Elle s’incarne dans une richesse de formes, d’expressions et de savoir-faire qui témoignent tous d’un même esprit de transmission, de générosité et de lien :

  • Dans le Festival International du Conte de Marrakech, inscrit au Guinness World Records pour la plus longue séance de contes au monde (80h35, janvier 2025), où plus de 100 conteurs venus de 33 pays ont partagé des histoires en 21 langues maternelles.

  • Dans le melhoun, les chants Gnaoua, les berceuses amazighes, les chants soufis, où la parole devient vibration et mémoire collective.

  • Dans l’artisanat vivant : du cuivre des dinandiers aux broderies du caftan, des tissages de tapis aux poteries du Sud, chaque objet raconte une sagesse.

  • Dans la Zahria, moussem de la fleur d’oranger, où les femmes distillent une essence née de l’amertume – une métaphore puissante de la transformation joyeuse.

  • Dans les tangias, les petits-déjeuners sucrés-salés, les plats préparés à plusieurs, les guelssat d’atay, où la convivialité devient une forme d’élégance.

  • Dans les devinettes populaires, les proverbes transmis, les danses collectives, les rassemblements intergénérationnels et moussems où se tisse la mémoire collective.

Et cette liste n’est qu’un prélude.
La Bahja ne se fige pas, ne se catalogue pas : elle se vit, se renouvelle, se transforme, au fil des saisons, des lieux et des visages.

Une matière vivante à protéger, valoriser et transmettre

Al Bahja n’est ni un produit, ni un slogan. C’est une énergie culturelle, un héritage invisible qui structure les relations humaines, les paysages sociaux et les savoir-faire marocains.

Elle inspire aujourd’hui une dynamique de valorisation du patrimoine immatériel, à travers :

  • des colloques universitaires (comme à l’Université Cadi Ayyad),

  • la reconnaissance de traditions par l’ICESCO et l’UNESCO,

  • la mobilisation d’acteurs culturels autour d’événements fédérateurs.

Si Al Bahja était…

  • Une couleur : le vert, pour l’équilibre, l’espoir et la croissance intérieure

  • Un plat : un tajine partagé, un pain offert, un thé versé avec élégance

  • Une saison : celle des moussems, où les tribus se rassemblent pour célébrer la vie

  • Un rêve : que cette sagesse joyeuse soit reconnue comme un bien commun de l’humanité

📌 Article inspiré de l’interview exclusive de Hamid Bentahar, Président de la Confédération Nationale du Tourisme, parue dans HOLA! Maroc, et enrichi par les multiples expressions vivantes d’Al Bahja au Maroc.

Partager
Partager

Voir aussi

Communication CNT
24 décembre 2023
Tanger-Tétouan-Al Hoceïma·2 min

Un total de 19.000 lits hôteliers à fin 2023 à Tanger

Lire la suite
Communication CNT
17 janvier 2024
Tanger-Tétouan-Al Hoceïma·3 min

M'diq : Le Bijou Secret de la Méditerranée

Lire la suite
Communication CNT
17 janvier 2024
Tanger-Tétouan-Al Hoceïma·7 min

La région de Tanger, Une Légende entre deux Mondes

Lire la suite